08/12/05 à · Classé sous musique
C’est en lisant un article sur Pitchfork à propos du nouvel album de Cansei de Ser Sexy - l’artwork est du tonnerre, en tout cas, même si le premier extrait aux allures grunge, “Rat Is Dead (Rage)”, me laisse un peu perplexe - que j’ai découvert ce groupe qui remportera sans doute la palme du nom le plus original : Natalie Portman’s Shaved Head. C’est disco funk trash pop yéyé, et puisque c’est le printemps et que leur MySpace provoque des crises d’épilepsie, on aime ça.
08/12/05 à · Classé sous argh, autour de la machine à café, livres
Alors, j’imagine que si je veux vraiment donner à cet espace un nouveau départ, je dois commencer par faire ce que je n’aurais jamais été capable de faire avant : rendre public un extrait de ce texte que je m’acharne à peaufiner depuis trop longtemps, et que je n’ose même plus qualifier de roman, par peur de ne pas y arriver, de ne pas être à la hauteur, etc. Ça ressemble à beaucoup de choses à la fois, je sais, mais bon, j’imagine que je n’y peux rien, je suis incapable de cacher mes influences. Et puis ceux qui me connaissent reconnaîtront sans doute mes obsessions… Une seule ligne a été censurée. Ah, un avertissement, tout de même : puisqu’il y a des limites à répandre la bonne nouvelle, l’extrait suivant ne sera mis en ligne que quarante-huit heures. On verra ce que ça donne, possible que je balance d’autres extraits éventuellement… Et pour les deux ou trois lecteurs que ça concerne, si vous laissez des commentaires, essayez d’être un peu plus explicites dans vos propos que “tu es un véritable génie littéraire” ou “je ne cesse de vomir en lisant cette merde, pars enseigner l’anglais en Serbie pour nous rendre service”, ce serait très apprécié. Sur ce, bonne lecture. Je l’espère. Argh.
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Merci à vous !
08/12/05 à · Classé sous alcool, musique
Il y a des jours où j’aimerais être Marianne Faithfull, et envoyer tout foutre en l’air pour me consumer prématurément, aussi bien parce que la vie est une “chienne de l’enfer”, comme le disait si bien Charles Bukowski, que parce qu’elle est justement trop courte, et qu’il vaut mieux se brûler plutôt que de se désagréger lentement. Les médecins diraient le contraire, mais crier les textes à voix haute de “Mystery of Love”, “Last Song”, et, bien sûr, “The Ballad of Lucy Jordan”, après avoir bu beaucoup de vin, c’est un immense plaisir, un plaisir noir, cruel et implacable, comme il s’en fait rarement d’aussi magnifiques et précieux.
08/12/05 à · Classé sous musique
J’avoue que j’étais plutôt réticent au départ face à Hercules and Love Affair, un nouveau groupe sorti tout droit de Brooklyn et issu de DFA Records - la boîte de James Murphy, de LCD Soundsystem - malgré leur très joli nom. Je n’ai jamais réellement aimé Antony Hegarty, même si sa collaboration avec Björk sur “The Dull Flame of Desire” avait fini par me séduire, après de nombreuses écoutes. Je ne sais pas, sa voix androgyne me rend perplexe, j’ai toujours l’impression qu’il y a chez lui un surplus d’émotion destiné à faire pleurer et à donner envie de se jeter en bas d’un pont. Et puis, heureusement, il y a eu “Blind”. De la disco pop remplie de synthé intelligente et de rythmes brillants, une voix qui s’accorde parfaitement avec le ton de l’ensemble, un petit quelque chose de décalé qui est absolument irrésistible, des textes à la fois simples et profonds (ah, c’est tellement jouissif, de crier comme Antony, ”because I feel blind, because I feel blind!”). J’ai donc décidé de laisser pleinement la chance à Hercules and Love Affair de me surprendre, et après avoir entendu l’album, je dois dire qu’il est excellent. Tous les morceaux ne parviennent pas à atteindre le même degré d’intense contagion de “Blind”, mais ils sont tous marqués d’une grande maturité - c’est d’ailleurs ce qui fait toute la différence entre l’électronique de Hercules and Love Affair et la pop accrocheuse mais plus facile d’Annie ou de Calvin Harris. Tout comme LCD Soundsystem l’avait fait l’an dernier avec “Sound of Silver”, Hercules and Love Affair redonne ses lettres de noblesse au disco : un petit détour sur leur MySpace vous permettra d’entendre quelques extraits, parmi les meilleurs, en plus, et même de télécharger gratuitement “Hercules Theme”, une gentille balade qui possède énormément de potentiel pour devenir une publicité de yogourt ou de Viagra - et ce n’est même pas péjoratif, c’est vrai que ça rend vraiment heureux.
Le vidéo de “Blind”, quant à lui, laisse tout aussi perplexe que la voix de son chanteur. Il montre l’arrivée d’une jeune fille, interprétée par l’actrice britannique Jamie Winstone, au coeur d’une assemblée de dieux et de déesses grecs. Les vappes ténébreuses se transforment peu à peu, et l’ensemble se termine en orgie, ce qui représenterait, selon le réalisateur, “la naïveté reliée à l’époque disco d’avant les ravages du sida, dans les clubs destinés à promouvoir les activités calquées sur les glorieux [et sulfureux] exploits de la Rome antique.” Je ne suis pas tout à fait certain que l’exécution rend justice au message, mais c’est du moins un parallèle intéressant…
08/12/05 à · Classé sous argh
Ça fait quoi, six mois ? Un peu plus que ça ? Je ne sais pas combien de temps au juste s’est écoulé entre mon dernier article sur “La Pianiste” de Michael Haneke écrit là-bas et l’ouverture d’un compte WordPress ici. Mais j’imagine que tout ça était nécessaire. Le temps passe, certaines choses changent, d’autres restent indéfectiblement intactes. Il y a eu quelques nouveautés, de belles surprises et des mauvaises, que je m’abstiendrai bien de révéler pour la raison suivante.
“Le journal d’une blancheur immaculée” : j’ai choisi ce nouveau titre parce que j’avais envie de faire table rase, de recommencer à neuf et d’écrire quelque chose de nouveau après tout ce temps, mais plus près encore de ce que j’ai pu déjà écrire par le passé. Je souhaitais revenir aux articles moins denses, moins complexes et personnels que ceux que j’ai rédigés en dernier lieu - qui exigeaient un travail sur la forme très difficile, à la fois physiquement et psychologiquement. Je me suis rendu compte que je ne pouvais travailler constamment ainsi, et que j’en étais tout simplement incapable. Tout de même, pour les quelques lecteurs fidèles que j’ai eu la chance d’avoir, je dois les remercier infiniment, puisqu’ils ont été, sans le savoir, les premiers à lire des traces de ce qui est devenu un peu plus tard un roman, rédigé au cours de cette disparition publique temporaire. Je ne sais pas encore quoi en faire ; j’en ai extrêmement honte, et je réfléchis à toutes ces questions reliées à l’acte d’écrire - le roman que j’ai écrit possède-t-il une quelconque valeur littéraire ? Est-ce publiable ? La publication d’une oeuvre littéraire est-elle un acte de partage, ou de narcissisme égoïste ? La peur des lettres de refus, de la réaction des autres, etc. Enfin, tout ça pour dire que l’écriture plus légère me manquait. Ce ne sera sans doute jamais tout à fait léger, vous vous en doutez bien, mais l’effort sera là. Un retour aux sources, avec une “écriture blanche”, une “absence idéale de style” comme le disait Roland Barthes, des mots pour décrire les choses avec une froideur et un détachement qui commandent une certaine objectivé, à tout le moins apparente, quand bien même serait-elle remise en question plus tard.
Alors voilà, j’aurais beaucoup de choses à dire, et je les écrirai sans doute un peu au hasard, au fil des envies et du temps que je pourrai y consacrer, mais je suis de retour.