Le journal d’une blancheur immaculée

Ça fait quoi, six mois ? Un peu plus que ça ? Je ne sais pas combien de temps au juste s’est écoulé entre mon dernier article sur “La Pianiste” de Michael Haneke écrit là-bas et l’ouverture d’un compte WordPress ici. Mais j’imagine que tout ça était nécessaire. Le temps passe, certaines choses changent, d’autres restent indéfectiblement intactes. Il y a eu quelques nouveautés, de belles surprises et des mauvaises, que je m’abstiendrai bien de révéler pour la raison suivante.

“Le journal d’une blancheur immaculée” : j’ai choisi ce nouveau titre parce que j’avais envie de faire table rase, de recommencer à neuf et d’écrire quelque chose de nouveau après tout ce temps, mais plus près encore de ce que j’ai pu déjà écrire par le passé. Je souhaitais revenir aux articles moins denses, moins complexes et personnels que ceux que j’ai rédigés en dernier lieu – qui exigeaient un travail sur la forme très difficile, à la fois physiquement et psychologiquement. Je me suis rendu compte que je ne pouvais travailler constamment ainsi, et que j’en étais tout simplement incapable. Tout de même, pour les quelques lecteurs fidèles que j’ai eu la chance d’avoir, je dois les remercier infiniment, puisqu’ils ont été, sans le savoir, les premiers à lire des traces de ce qui est devenu un peu plus tard un roman, rédigé au cours de cette disparition publique temporaire. Je ne sais pas encore quoi en faire ; j’en ai extrêmement honte, et je réfléchis à toutes ces questions reliées à l’acte d’écrire – le roman que j’ai écrit possède-t-il une quelconque valeur littéraire ? Est-ce publiable ? La publication d’une oeuvre littéraire est-elle un acte de partage, ou de narcissisme égoïste ? La peur des lettres de refus, de la réaction des autres, etc. Enfin, tout ça pour dire que l’écriture plus légère me manquait. Ce ne sera sans doute jamais tout à fait léger, vous vous en doutez bien, mais l’effort sera là. Un retour aux sources, avec une “écriture blanche”, une “absence idéale de style” comme le disait Roland Barthes, des mots pour décrire les choses avec une froideur et un détachement qui commandent une certaine objectivé, à tout le moins apparente, quand bien même serait-elle remise en question plus tard.

Alors voilà, j’aurais beaucoup de choses à dire, et je les écrirai sans doute un peu au hasard, au fil des envies et du temps que je pourrai y consacrer, mais je suis de retour.

1 Commentaire»

  lili wrote @

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